{"id":1127,"date":"2015-11-11T17:11:30","date_gmt":"2015-11-11T16:11:30","guid":{"rendered":"http:\/\/ayitimizik.net\/?p=1127"},"modified":"2018-12-25T15:53:33","modified_gmt":"2018-12-25T14:53:33","slug":"table-ronde-60-ans-du-konpa-bilan-et-perspectives","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ayitimizik.net\/index.php\/2015\/11\/11\/table-ronde-60-ans-du-konpa-bilan-et-perspectives\/","title":{"rendered":"TABLE RONDE : 60 ANS DU KONPA\u00a0: BILAN ET PERSPECTIVES"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-903 alignleft\" src=\"http:\/\/ayitimizik.net\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/Ayiti-Mizik-787x423.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"138\" \/><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-877 alignleft\" src=\"http:\/\/ayitimizik.net\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/Logo_Kaymizikla_ok-900x274.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"82\" \/><\/p>\n<p><strong>60 ANS DU KONPA<\/strong><strong>\u00a0<\/strong><strong>: BILAN ET PERSPECTIVES<\/strong><\/p>\n<p><strong>TABLE RONDE<\/strong><\/p>\n<p>SAMEDI 11 JUILLET 2015 \u2013 LE VILLATE<\/p>\n<p><strong>RAPPORT<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Introduction par Carel P<\/strong><strong>\u00e8<\/strong><strong>dre, ma<\/strong><strong>\u00ee<\/strong><strong>tre de c<\/strong><strong>\u00e9<\/strong><strong>r<\/strong><strong>\u00e9<\/strong><strong>monie<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><strong>Mot de circonstance de Eddy Renaud, pr<\/strong><strong>\u00e9<\/strong><strong>sident de l<\/strong><strong>\u2019<\/strong><strong>association Ayiti Mizik<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<div id=\"attachment_1271\" style=\"width: 960px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-1271\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-1271 size-full\" src=\"http:\/\/ayitimizik.net\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/table-ronde-konpa-Eddy.jpg\" alt=\"\" width=\"950\" height=\"534\" srcset=\"http:\/\/ayitimizik.net\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/table-ronde-konpa-Eddy.jpg 950w, http:\/\/ayitimizik.net\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/table-ronde-konpa-Eddy-753x423.jpg 753w, http:\/\/ayitimizik.net\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/table-ronde-konpa-Eddy-768x432.jpg 768w, http:\/\/ayitimizik.net\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/table-ronde-konpa-Eddy-500x281.jpg 500w\" sizes=\"(max-width: 950px) 100vw, 950px\" \/><p id=\"caption-attachment-1271\" class=\"wp-caption-text\">Eddy Renaud, pr\u00e9sident de Ayiti Mizik, \u00e0 l&rsquo;ouverture du colloque<\/p><\/div>\n<p>En tant que pr\u00e9sident de Ayiti Mizik, je demande d\u2019abord une minute de recueillement\u00a0 pour les musiciens du konpa disparus r\u00e9cemment : Coup\u00e9 Clou\u00e9 Junior, Almando Keslin, Michel Tassy.<\/p>\n<p>Je profite de l\u2019occasion pour pr\u00e9senter le bilan moral de l\u2019association Ayiti Mizik avec les activit\u00e9s r\u00e9alis\u00e9es depuis sa cr\u00e9ation.<\/p>\n<p>Concernant le konpa plus sp\u00e9cifiquement, j\u2019estime que plusieurs probl\u00e8mes se posent \u00e0 l\u2019industrie du konpa. Je constate un manque d\u2019originalit\u00e9 de la cr\u00e9ation, un manque de recherche d\u2019excellence, ainsi qu\u2019un certain manque d\u2019enthousiasme de la part du public dans un moment o\u00f9 la situation \u00e9conomique du pays est particuli\u00e8rement difficile.<\/p>\n<p>Le konpa est confront\u00e9 d\u2019autre part \u00e0 de nouveaux rythmes urbains plus diffus\u00e9s, tandis que les media n\u2019assurent pas assez la promotion du konpa, en raison notamment d\u2019un manque d\u2019animateurs qualifi\u00e9s. Pourquoi ne pas produire des \u00e9missions \u00e9ducatives sur le konpa et sur la musique ha\u00eftienne en g\u00e9n\u00e9ral et imposer des quotas pour la diffusion de musique ha\u00eftienne afin d\u2019encourager la consommation des musiques nationales ?<\/p>\n<p>Les groupes des ann\u00e9es 60-70 avaient tous un style et une empreinte diff\u00e9rente, qui sont encore\u00a0 appr\u00e9ci\u00e9s. Il faut encourager la recherche de la nouveaut\u00e9 et la cr\u00e9ation pour les g\u00e9n\u00e9rations actuelles.<\/p>\n<p>Les droits d\u2019auteur constitueraient de fait un encouragement pour que les cr\u00e9ateurs ne meurent pas dans la g\u00eane comme Nemours Jean Baptiste.<\/p>\n<p>D\u2019autres formules sont \u00e0 exploiter pour pouvoir donner un souffle nouveau au konpa. Je conclus en souhaitant de bons d\u00e9bats pour cette journ\u00e9e de r\u00e9flexion.<\/p>\n<p>(L\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de l\u2019allocution de Eddy Renaud a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e par <em><a href=\"http:\/\/lenouvelliste.com\/lenouvelliste\/article\/147780\/60-ans-du-Compas-direct-Eddy-Renaud-fait-le-point\">Le Nouvelliste<\/a>\u00a0<\/em>en date du 24 juillet)<\/p>\n<p><strong><u>HISTORIQUES DU KONPA<\/u><\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><strong>Ralph Boncy (par vid<\/strong><strong>\u00e9<\/strong><strong>o)<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p><em>Ralph Boncy propose de retracer les 60 ans du konpa en insistant sur quatre <\/em><em>\u00e9<\/em><em>l<\/em><em>\u00e9<\/em><em>ments de son histoire : la cr<\/em><em>\u00e9<\/em><em>ation, le rythme et le genre, l<\/em><em>\u2019<\/em><em>originalit<\/em><em>\u00e9<\/em><em>du mouvement et son avenir.<\/em><\/p>\n<p>Pour la cr\u00e9ation du konpa, personne ne peut contester la paternit\u00e9 de Nemours Jean Baptiste, cr\u00e9ateur unique du genre. M\u00eame si dans les ann\u00e9es 50, il y avait beaucoup d\u2019influences dominicaines, c\u2019est Nemours Jean Baptiste qui a cr\u00e9\u00e9 le konpa \u00e0 l\u2019occasion d\u2019une r\u00e9p\u00e9tition en juillet 1955. C\u2019est le seul genre musical, en plus de l\u2019Afrobeat de Fela Kuti, pour lequel on peut faire une attribution directe.<\/p>\n<p>Le konpa est un rythme et un genre : c\u2019est un rythme qui est dans\u00e9 et jou\u00e9 d\u2019une mani\u00e8re particuli\u00e8re. Il est caract\u00e9ris\u00e9 par le jeu sp\u00e9cifique des cymbales, du floor tom et du tambour qui font une s\u00e9quence rythmique caract\u00e9ristique \u00e0 4 temps o\u00f9 le troisi\u00e8me temps est le plus fort, sur laquelle s\u2019ajoute une <em>cow bell<\/em>(cloche). Mais le konpa a \u00e9volu\u00e9 sous diverses formes sans que soient n\u00e9cessairement impliqu\u00e9s ces instruments premiers, ce qui n\u2019emp\u00eache pas qu\u2019il s\u2019agisse malgr\u00e9 tout de konpa. Le konpa de Nemours se jouait avec saxophone, accord\u00e9on, etc. Celui des mini-jazz avait deux ou trois guitares, puis des <em>keyboards<\/em>. Le genre \u00e9volue, mais tous les groupes impliqu\u00e9s depuis soixante ans, acceptent la d\u00e9nomination commune de konpa., comme musique populaire de danse urbaine d\u2019Ha\u00efti.<\/p>\n<p>Si l\u2019on revient \u00e0 l\u2019origine du nom (attribu\u00e9 \u00e0 Raymond Gaspard, guitariste Nemours), celui-ci peut avoir plusieurs explications. Il \u00e9voque la pr\u00e9cision (comme le note Claude Dauphin), ou bien quelque chose de \u00ab\u00a0chic\u00a0\u00bb. Nemours disait que les danseurs\u00e9taient paresseux, qu\u2019ils pouvaient passer la nuit \u00e0 danser en rond \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019un carr\u00e9 (de fa\u00efence). L\u2019am\u00e9ricaine Sisi Smith (Beat Magazine) d\u00e9finit le konpa comme la seule musique au monde qui arrive \u00e0 \u00eatre \u00e0 la fois \u00ab\u00a0hot\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0cool\u00a0\u00bb, entra\u00eenante et sensuelle. Nemours de son c\u00f4t\u00e9 qualifiait le konpa dir\u00e8k d\u2019original: m\u00eame s\u2019il a int\u00e9gr\u00e9 de nombreux \u00e9l\u00e9ments ext\u00e9rieurs, il reste unique. Par exemple, la nouvelle g\u00e9n\u00e9ration int\u00e8gre le rap, le R n\u2019 B, plusieurs langues (fran\u00e7ais, anglais, cr\u00e9ole), tandis que la mise en sc\u00e8ne change \u00e9galement: toutes ces \u00e9volutions sont possibles parce que le konpa est original.<\/p>\n<p>Pour parler de l\u2019avenir du konpa, s\u2019il est l\u00e0 depuis soixante ans, on peut penser qu\u2019il est vraiment l\u00e0 pour durer encore. Toutes les modes ne vivent pas aussi longtemps. Il faut \u00e9voquer \u00e9galement les aspects politiques du konpa. Apr\u00e8s les militaires, les professions lib\u00e9rales et un pr\u00eate, c\u2019est un chanteur de konpa qui est \u00e0 la pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique. Il y a eu un cas similaire aux Etats-Unis avec Ronald Reagan, acteur de Hollywood, qui avait acc\u00e9d\u00e9 \u00e0 la Pr\u00e9sidence am\u00e9ricaine. C\u2019est un fait marquant pour Ha\u00efti, qui montre l\u2019importance de la musique dans le pays. Nous avons aussi tous une responsabilit\u00e9 en tant qu\u2019auditeurs pour supporter le konpa : cette musique vit gr\u00e2ce aux tourn\u00e9es en Ha\u00efti et \u00e0 l\u2019\u00e9tranger malgr\u00e9 les difficult\u00e9s \u00e9conomiques du pays. On peut discuter des aspects politiques, \u00e9conomiques, professionnels du konpa, mais le public garde sa part de responsabilit\u00e9 pour que continue de vivre cette musique identitaire.<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Jean Jean Pierre (Jazz des Jeunes)<\/strong><strong>: les ann<\/strong><strong>\u00e9<\/strong><strong>es 50<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p>Je remercie Ayiti Mizik pour l\u2019initiative de cette table-ronde. J\u2019estime que trop souvent, ce sont les \u00e9trangers qui \u00e9crivent l\u2019histoire d\u2019Ha\u00efti, et qu\u2019il est important qu\u2019une initiative en ce sens soit prise localement pour se penser et s\u2019\u00e9crire.<\/p>\n<p>Nemours Jean Baptiste, g\u00e9nie cr\u00e9ateur, a commenc\u00e9sa carri\u00e8re dans la chorale de l\u2019\u00e9cole Jean-Marie Guilloux. Il a appris \u00e0jouer du banjo avec Fran\u00e7ois\u00ab\u00a0P\u00e8re\u00a0\u00bbGuignard (p\u00e8re de Edner et F\u00e9lix\u00ab\u00a0Fefe\u00a0\u00bbGuignard), compositeur et arrangeur. Ensuite, il a appris la clarinette et le saxophone avec le directeur de l\u2019Orchestre Panorama des Cayes.<\/p>\n<p>De 1947 \u00e01953, Nemours a jou\u00e9avec l\u2019Orchestre Atomique. Il a \u00e9galement jou\u00e9aux c\u00f4t\u00e9s de Webert Sicot dans Tana, une bande de Mardi Gras et Titato au Bel Air, apr\u00e8s la fin de l\u2019Orchestre Atomique.<\/p>\n<p>Le 26 juillet 1955, place Ste Anne, il a rencontr\u00e9Jean Lumarque qui poss\u00e9dait le club Aux Calebasses de Kenskoff. Ils ont commenc\u00e9\u00e0travailler ensemble. Puis, Lumarque a achet\u00e9un club \u00e0Carrefour, auquel il a donn\u00e9le m\u00eame nom, Aux Calebasses, et le groupe de Nemours s\u2019est alors appel\u00e9\u00ab\u00a0Ensemble aux Calebasses\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Avant le konpa, Nemours jouait diff\u00e9rents rythmes appel\u00e9s : \u00ab\u00a0grenn moudang\u00a0\u00bb,\u00ab\u00a0banann pouyak\u00a0\u00bb. Il utilisait ces diff\u00e9rents noms de mani\u00e8re interchangeable en d\u00e9montrant un grand sens du marketing.<\/p>\n<p>Suivent plusieurs exemples musicaux:<\/p>\n<ul>\n<li>\u00ab\u00a0Dlo\u00bb(grenn moudang), o\u00f9l\u2019on per\u00e7oit le rythme de base des troubadours, une influence cubaine tr\u00e8s prononc\u00e9e m\u00eame si le rythme est jou\u00e9sur un seul tambour. Les arrangements\u00e9taient de Antalcidas Murat (Jazz des Jeunes).<\/li>\n<li>banann pouyak de l\u2019ensemble aux Calebasses, fin 1955.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Toutes ces musiques ont \u00e9t\u00e9enregistr\u00e9es par Herby Widmaier jusque dans les ann\u00e9es 70 et ensuite par Bobby Denis. Les enregistrements se faisaient avec un seul micro, en une seule prise, sans mixage, et dans une journ\u00e9e, on enregistrait 12 musiques.<\/p>\n<p>Le rythme invent\u00e9par Nemours \u00e0continuer\u00e0faire l\u2019objet de modifications et d\u2019arrangements. On y per\u00e7oit l\u2019influence du <em>merenge<\/em>dominicain, avec plus de tambour (importance du <em>kata<\/em>ha\u00eftien) ainsi que celle du manbo pour les cuivres.<\/p>\n<ul>\n<li>une des premi\u00e8res versions du konpa: \u00ab\u00a0de ti piti kalbas\u00bb<\/li>\n<\/ul>\n<p>D\u00e8s 1957, le rythme prend une autre cadence, gr\u00e2ce au percussionniste du groupe, Kretzer Duroseau.<\/p>\n<ul>\n<li>\u00ab\u00a0Machann manba\u00bb: on constate que le rythme est un peu plus acc\u00e9l\u00e9r\u00e9, plus proche de ce que l\u2019on entend maintenant<\/li>\n<li>\u00ab\u00a0Jalouzi\u00bba \u00e9t\u00e9compos\u00e9apr\u00e8s le premier voyage \u00e0New York, d\u00e9but 1958: le rythme est plus acc\u00e9l\u00e9r\u00e9, on entend le tambour, mais il n\u2019y a pas encore de gong; la trompette suit les arrangements, qui seront ensuite r\u00e9alis\u00e9s par le gong.<\/li>\n<\/ul>\n<p>La guitare \u00e9lectrique est introduite pour la premi\u00e8re fois dans la musique urbaine, en 1958. Ensuite ont \u00e9t\u00e9introduits le vibraphone et l\u2019orgue.<\/p>\n<p>Le rythme commence \u00e0se fixer comme forme musicale en 1962. Pierre Blain est alors chanteur de l\u2019Orchestre.<\/p>\n<p>Nemours, g\u00e9nie cr\u00e9ateur, a continu\u00e9\u00e0travailler sur cette forme jusqu\u2019au d\u00e9but des ann\u00e9es 70. Il jouait avec les noms des rythmes qu\u2019il inventait: il a fini par cr\u00e9er un genre.<\/p>\n<p>Le d\u00e9part de Richard Duroseau et l\u2019arriv\u00e9e de Wagner Lalanne \u00e0l\u2019accord\u00e9on marquent une nouvelle \u00e9tape, en 1967. A la fin des ann\u00e9es 68-69, le genre continue \u00e0\u00e9voluer avec les innovations introduites par Smith Jean Baptiste, surnomm\u00e9\u00ab\u00a0Kata Smith\u00a0\u00bb,\u00e0la cymbale.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9tous les changements, le konpa reste ce que Nemours a compos\u00e9.<\/p>\n<p>Il est important que les jeunes puissent \u00e9couter les sources musicales, pour qu\u2019ils comprennent d\u2019o\u00f9elles viennent. Il faut aussi codifier le konpa pour mieux le faire respecter.<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Henri C<\/strong><strong>\u00e9<\/strong><strong>lestin (les Difficiles) : les ann<\/strong><strong>\u00e9<\/strong><strong>es 60<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p>Quel\u00e9tait le contexte dans lequel a \u00e9volu\u00e9le konpa dans les ann\u00e9es 60-70 ?<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait la Guerre Froide qui scindait le monde en deux camps, avec l\u2019URSS d\u2019un c\u00f4t\u00e9et les Etats-Unis et le reste du monde, de l\u2019autre. Sur la sc\u00e8ne politique ha\u00eftienne, Duvalier est arriv\u00e9en 1957, peu de temps apr\u00e8s l\u2019invention du konpa. Beaucoup de faits politiques ont eu des r\u00e9percussions musicales. Pendant la Guerre Froide, la jeunesse avait besoin de la musique pour se distraire. La t\u00e9l\u00e9vision et le t\u00e9l\u00e9phone n\u2019\u00e9taient pas aussi r\u00e9pandus qu\u2019aujourd\u2019hui. Il n\u2019y avait que la radio et les bals de temps en temps.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait aussi l\u2019\u00e9poque de la lutte pour les droits civiques aux Etats-Unis, puis de la guerre du Vietnam. Il y avait aussi la comp\u00e9tition dans l\u2019espace avec les satellites et sur le continent europ\u00e9en, mai 1968 en France.<\/p>\n<p>Enfants de la guerre, nous nous sommes \u00e9vad\u00e9s dans la musique<\/p>\n<p>J\u2019ai commenc\u00e9mon groupe, les Difficiles, en 1966. Nous avions seulement trois guitares. Nous essayions de trouver une ambiance diff\u00e9rente du rock and roll \u00e0la mode et de la musique fran\u00e7aise. En Ha\u00efti, comme \u00e0l\u2019international, c\u2019\u00e9tait l\u2019\u00e9poque des yeye : on faisait du rock, et on m\u00e9langeait la musique ha\u00eftienne avec d\u2019autres rythmes \u00e9trangers, tandis que Nemours suivait toujours son chemin avec le konpa.<\/p>\n<p>Dans les ann\u00e9es 60, il y avait aussi l\u2019orcheste de Raoul Guillaume et le cadence rampa de l\u2019ensemble Webert Sicot.<\/p>\n<p>Je me souviens du son de Cabane Choucoune : c\u2019est celui de la basse du konpa dir\u00e8k dans le toit de chaume de Cabane Choucoune.<\/p>\n<p>Ce qui nous reste \u00e0faire maintenant, c\u2019est faire du konpa une musique vraiment commerciale et vraiment internationale. De notre c\u00f4t\u00e9, nous avons fait ce dont nous \u00e9tions capables et nous avons transmis le konpa aux g\u00e9n\u00e9rations suivantes. Nous remercions tous Nemours Jean Baptiste pour ce qu\u2019il a cr\u00e9\u00e9.<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Albert Chancy (Tabou Combo) : les ann<\/strong><strong>\u00e9<\/strong><strong>es 70<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p>Je suis membre fondateur de Tabou Combo. J\u2019ai toujours habit\u00e9P\u00e9tion-ville. Je me souviens de l\u2019importance qu\u2019avaient la place Saint Pierre et Cabane Choucoune. Vers 12-13 ans, j\u2019avais l\u2019habitude de m\u2019\u00e9chapper de chez moi pour aller entendre Nemours Jean Baptiste avec Richard Duroseau (accord\u00e9on), Raymond Gaspard (guitare), Yaffa Domingue (saxophone).<\/p>\n<p>L\u2019environnement musical de ces ann\u00e9es\u00e9tait tr\u00e8s riche pour un jeune. En plus des \u00ab\u00a0djaz konpa\u00a0\u00bb, on \u00e9coutait de la musique classique, de la musique br\u00e9silienne, musiques qui ont influenc\u00e9nos compositions par la suite. Il y avait d\u2019autres groupes: les Copains, les Blousons Noirs qui jouaient au Rex Th\u00e9\u00e2tre, mais je ne pouvais pas aller les voir. Je les entendais \u00e0la radio.<\/p>\n<p>Aldolphe\u00ab\u00a0Dof\u00a0\u00bbChancy avait fait cadeau d\u2019un accord\u00e9on\u00e0mon fr\u00e8re et quand je l\u2019ai essay\u00e9, j\u2019ai jou\u00e9d\u2019un seul coup une musique de ma composition, car j\u2019avais l\u2019habitude d\u2019entendre la musique de Nemours. C\u2019est avec cet accord\u00e9on que j\u2019ai commenc\u00e9Tabou Combo.<\/p>\n<p>A l\u2019\u00e9poque, chaque quartier avait son <em>djaz<\/em>:\u00e0T\u00eate de l\u2019Eau, c\u2019\u00e9taient les Difficiles de P\u00e9tion-ville, Tabou au march\u00e9, le groupe de Widma\u00efer\u00e0Morne Hercule, les Fantaisistes \u00e0Carrefour, les Shleu Shleu au Bas-Peu-de-chose.<\/p>\n<p>Tabou Combo est n\u00e9officiellement en 68, mais il avait commenc\u00e9\u00e0jouer d\u00e9j\u00e0depuis 1967. J\u2019\u00e9coutais Nemours Jean Baptiste. Il n\u2019\u00e9tait pas un musicien virtuose, mais il avait le sens des m\u00e9lodies entra\u00eenantes. Il avait choisi la facilit\u00e9. De notre c\u00f4t\u00e9, nous avons essay\u00e9de produire une musique plus \u00e9labor\u00e9e: je me suis fix\u00e9comme objectif de trouver la beaut\u00e9dans la complexit\u00e9. C\u2019est peut-\u00eatre ce qui fait la diff\u00e9rence de Tabou Combo aux niveaux harmonique et m\u00e9lodique plus que rythmique. A preuve des morceaux comme \u00ab\u00a0Junior\u00a0\u00bb,\u00ab\u00a0Bon Anniversaire\u00a0\u00bb,\u00ab\u00a0Bebe Paramount\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Nous avions besoin de changer le style de musique, pas forc\u00e9ment le rythme, qui reste du konpa, mais les structures harmoniques et m\u00e9lodiques, les paroles, et nous avions envie aussi de recevoir d\u2019autres influences de l\u2019ext\u00e9rieur, notamment les rythmes am\u00e9ricains.<\/p>\n<p>Dans les ann\u00e9es 68-70, la diff\u00e9rence avec le konpa des origines, c\u2019est aussi l\u2019ouverture\u00e0de nouveaux instruments comme le saxophone pour Shleu Shleu, ou la guitare pour Tabou, qui permet des solos de 4 \u00e05 minutes.<\/p>\n<p>Herman Nau et \u00ab\u00a0Dof\u00a0\u00bbChancy sont arriv\u00e9s en 1974. Nous avons r\u00e9ussi\u00e0trouver un contrat avec Barclay, un grand producteur fran\u00e7ais, et les morceaux \u00ab\u00a0New York City\u00a0\u00bbet\u00ab\u00a0Inflacion\u00a0\u00bbont fait hit partout en Am\u00e9rique du Nord et en Europe.<\/p>\n<p>De nos jours, les jeunes ont tendance \u00e0laisser tomber le konpa. Pourtant, c\u2019est toujours le rythme plus populaire et c\u2019est celui qui peut vous faire gagner de l\u2019argent. Nous devons conserver cet h\u00e9ritage de Nemours Jean Baptiste et l\u2019utiliser au mieux.<\/p>\n<p>Vive le konpa, vive Nemours, vive Ha\u00efti !<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Bobby Denis : les ann<\/strong><strong>\u00e9<\/strong><strong>es 80<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p>J\u2019ai commenc\u00e9ma carri\u00e8re de preneur de son au d\u00e9but des ann\u00e9es 70. J\u2019ai fait mes premi\u00e8res exp\u00e9riences avec les Difficiles, Shleu Shleu. Le premier album commercial que j\u2019ai enregistr\u00e9a\u00e9t\u00e9celui de Shleu Shleu, puis j\u2019ai enregistr\u00e9Ti Paris et le deuxi\u00e8me album de Tabou Combo. En 1971, j\u2019ai fait le premier album de Gypsies, avant les Difficiles. En 1974, j\u2019ai enregistr\u00e9Skah Shah dans la diaspora, et l\u2019ann\u00e9e suivante, plusieurs groupes \u00e0la Martinique.<\/p>\n<p>J\u2019ai cr\u00e9\u00e9Audiotek en 1977 : le studio avait 8 tracks seulement et chaque jour, on enregistrait des orchestres ha\u00eftiens, d\u2019Ha\u00efti ou de la diaspora, et des orchestres antillais.<\/p>\n<p>Pendant toutes ces ann\u00e9es, le konpa a subi des transformations gr\u00e2ce aux apports technologiques. En fait, les innovations sont plus techniques que musicales \u00e0proprement parler car le rythme est toujours rest\u00e9le m\u00eame.<\/p>\n<p>Le premier changement, au d\u00e9but des ann\u00e9es 70, est intervenu avec Robert Martino: il a fait le pari de r\u00e9volutionner la musique avec juste une guitare (sans les trois saxophones, trois trompettes, trombones, des grands ensembles). Cela a \u00e9t\u00e9une chance pour la musique ha\u00eftienne : les mini-jazz avaient 7 musiciens au lieu de 16-17. Le konpa a pu prosp\u00e9rer gr\u00e2ce aux qualit\u00e9s individuelles de ses musiciens : Tony Mo\u00efse de Shleu Shleu, Raoul \u00ab\u00a0Tira\u00a0\u00bbDenis Junior (DP Express, Z\u00e8kle), etc.<\/p>\n<p>Le d\u00e9but des ann\u00e9es 80 a repr\u00e9sent\u00e9les ann\u00e9es d\u2019or du konpa.<\/p>\n<p>Ensuite, avec Top Vice et le konpa digital, cela a \u00e9t\u00e9l\u2019arriv\u00e9e des synth\u00e9tiseurs et du <em>drum machine<\/em>(bo\u00eete\u00e0rythme), qui ont d\u00e9truit une partie de la musique. Batteurs et percussionnistes ont perdu leur travail, mais le rythme en lui-m\u00eame n\u2019a pas trop chang\u00e9. Avant les ann\u00e9es 70, les groupes n\u2019avaient pas de batterie am\u00e9ricaine; ils utilisaient seulement les timbales, les cymbales et les cloches (ti kloch, gwo kloch). Pierre Boncy m\u2019a toujours reproch\u00e9d\u2019avoir donn\u00e9un r\u00f4le pr\u00e9dominant\u00e0la grosse caisse.<\/p>\n<p>De son c\u00f4t\u00e9, G\u00e9rald Merceron disait que le g\u00e9nie de Nemours Jean Baptiste est d\u2019avoir trouv\u00e9une danse qui fait appel ce que l\u2019\u00eatre humain fait chaque jour, c\u2019est-\u00e0-dire marcher. En effet, tout le monde peut danser le konpa sans complexe, alors que d\u2019autres musiques sont plus compliqu\u00e9es\u00e0danser.<\/p>\n<p>Plus tard, j\u2019ai eu un studio avec 24 tracks. Avec 8 tracks, on enregistrait un album en une seule soir\u00e9e; avec 24 tracks, il fallait deux semaines car plus il y a de possibilit\u00e9s technologiques, plus les choses sont \u00e9labor\u00e9es et il nous faut plus de temps.<\/p>\n<p>Je crois que le konpa a perdu de sa sinc\u00e9rit\u00e9avec la technologie. Ce n\u2019\u00e9tait plus une musique de copains de quartier, mais un produit fabriqu\u00e9par des virtuoses des <em>sequences<\/em>sur lesquels on ajoutait une m\u00e9lodie. C\u2019\u00e9tait de la musique \u00e0l\u2019envers !<\/p>\n<p>A partir des ann\u00e9es 90, Dadou Pasquet, Richie de Zenglen\/Klass, ont recommenc\u00e9\u00e0faire des choses qui nous ont donn\u00e9de l\u2019espoir pour le konpa.<\/p>\n<p>Pendant toutes ces ann\u00e9es, j\u2019ai \u00e9t\u00e9oppos\u00e9\u00e0toutes les pol\u00e9miques entre les musiciens qui finalement n\u2019\u00e9taient pas ennemis. Je crois que notre musique est trop pauvre, c\u2019est inh\u00e9rent \u00e0une pauvret\u00e9de milieu, et que nous faisons trop de pol\u00e9miques entre nous, entre les styles et les tendances. Il faudrait au contraire multiplier les <em>featurings<\/em>pour arriver \u00e0un renouveau dans le konpa. Mais il est vrai que les musiciens commerciaux ont toujours peur de ceux qui apportent la nouveaut\u00e9, qui pourraient leur faire perdre leur place, car la musique ha\u00eftienne est dans une situation \u00e9conomique pr\u00e9caire.<\/p>\n<p>J\u2019esp\u00e8re que cette assembl\u00e9e qui se penche sur le konpa apr\u00e8s 60 ans d\u2019existence nous permettra de faire des propositions en fin de s\u00e9ance pour redonner au konpa la vie prosp\u00e8re qu\u2019il a connue dans les ann\u00e9es 60 et les ann\u00e9es 80.<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Jo<\/strong><strong>\u00eb<\/strong><strong>l Widma<\/strong><strong>\u00ef<\/strong><strong>er (Zekl<\/strong><strong>\u00e8<\/strong><strong>) : les ann<\/strong><strong>\u00e9<\/strong><strong>es 80 \/ Nouvelle G<\/strong><strong>\u00e9<\/strong><strong>n<\/strong><strong>\u00e9<\/strong><strong>ration<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p>Nous avons commenc\u00e9avec Zekl\u00e8en 1982-83 avec Jean-Claude Verdier comme producteur. Nous faisions un konpa <em>medley<\/em>et un <em>funky<\/em>konpa. Nous \u00e9tions influenc\u00e9s par des groupes \u00e9trangers: Beattles, Rolling Stones, Carlos Santana, mais aussi par Tabou Combo. Mon fr\u00e8re Richard avait jou\u00e9dans les Difficiles et dans Tabou Combo. Nous avons \u00e9t\u00e9influenc\u00e9s par leur reprise du funk et par les aspects visuels qu\u2019ils avaient rajout\u00e9s au konpa qui faisait d\u00e9sormais des shows avec lumi\u00e8res, etc. Nous avions la m\u00eame id\u00e9e de faire danser les gens tout en faisant un show visuel.<\/p>\n<p>En fait, Z\u00e8kl\u00e8utilise strictement le rythme du konpa, mais habille tout le reste d\u2019une autre mani\u00e8re,\u00e0tel point que les gens disaient, sur le ton de la critique, que ce n\u2019\u00e9tait pas du konpa. Mais la formule rythmique est tout \u00e0fait la m\u00eame. Nous mettions d\u2019accent sur le <em>keyboard<\/em>, une r\u00e9volution technologique de l\u2019\u00e9poque, avec un nouveau son. Nous avons gard\u00e9le c\u00f4t\u00e9jazz pour les solos. Et la structure de la musique \u00e9tait plut\u00f4t une structure de chanson, tout en restant <em>groovy<\/em>. Nous avons os\u00e9des choses nouvelles.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait aussi une nouvelle mani\u00e8re d\u2019enregistrer o\u00f9la prise de son et le mixage \u00e9taient importants, gr\u00e2ce\u00e0Bobby Denis qui nous a beaucoup accompagn\u00e9s.<\/p>\n<p>Finalement, les musiques de Zekl\u00e8ont gard\u00e9leur jeunesse car elles peuvent toujours \u00eatre entendues.<\/p>\n<p>Avec Skandal et Sakaj, Zekl\u00e8a marqu\u00e9le renouveau du konpa en proposant un autre son qui ressemblait \u00e0sa g\u00e9n\u00e9ration. C\u2019est un son qui a influenc\u00e9d\u2019autres musiques en Ha\u00efti et dans les Antilles. Skandal a travers\u00e9les fronti\u00e8res au moment o\u00f9le business musical a chang\u00e9, le march\u00e9des Antilles a explos\u00e9et leur musique a trouv\u00e9des licences dans d\u2019autres pays.<\/p>\n<div id=\"attachment_1274\" style=\"width: 960px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-1274\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-1274 size-full\" src=\"http:\/\/ayitimizik.net\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/table-ronde-konpa-Handal.jpg\" alt=\"\" width=\"950\" height=\"534\" srcset=\"http:\/\/ayitimizik.net\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/table-ronde-konpa-Handal.jpg 950w, http:\/\/ayitimizik.net\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/table-ronde-konpa-Handal-753x423.jpg 753w, http:\/\/ayitimizik.net\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/table-ronde-konpa-Handal-768x432.jpg 768w, http:\/\/ayitimizik.net\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/table-ronde-konpa-Handal-500x281.jpg 500w\" sizes=\"(max-width: 950px) 100vw, 950px\" \/><p id=\"caption-attachment-1274\" class=\"wp-caption-text\">Patrick Handal, Jo\u00ebl Widma\u00efer, et Robert \u00ab\u00a0Bobby\u00a0\u00bb Denis<\/p><\/div>\n<ul>\n<li><strong>Patrick Handal (Skandal)<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p>Z\u00e8kle a commenc\u00e9quelque chose d\u2019incroyable qui a chang\u00e9la musique ha\u00eftienne ; par la suite, Skandal a voulu faire \u00e9voluer cette musique. Mais nous n\u2019\u00e9tions pas des musiciens aussi fins que Jo\u00ebl et ses compagnons, qui nous avaient vraiment \u00e9pat\u00e9s. Nous faisions de la musique \u00ab\u00a0\u00e0l\u2019oreille\u00a0\u00bb. Nous vivions aux Etats-Unis o\u00f9nous avons appris le jazz, le rock et d\u2019autres influences que nous avons ajout\u00e9es\u00e0la musique ha\u00eftienne. Robert Martino (Gypsies, Scorpio) \u00e9tait mon idole.<\/p>\n<p>Cette\u00e9poque-l\u00e0\u00e9tait vraiment l\u2019\u00e9poque de la musique ha\u00eftienne, et j\u2019esp\u00e8re que nous pourrons la retrouver encore.<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Bobby Denis (suite)<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p>Il faut pr\u00e9ciser que dans les ann\u00e9es 80, j\u2019ai beaucoup voyag\u00e9, notamment en Martinique. C\u2019est devant moi qu\u2019est n\u00e9Kassav et je peux t\u00e9moigner que Zekl\u00e8avait provoqu\u00e9un v\u00e9ritable tsunami pour tous les musiciens antillais qui \u00e9taient\u00e9tonn\u00e9s que l\u2019on puisse jouer du jazz sur du konpa. A partir de l\u00e0, les fondateurs de Kassav ont fait leur propre d\u00e9marche en invitant aussi des musiciens fran\u00e7ais hautement pr\u00e9par\u00e9s.<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Robert Martino \/ Konpa digital de Top Vice, etc.<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p>Je salue tous les musiciens qui sont pr\u00e9sents aujourd\u2019hui \u00e0 cette table-ronde. Apr\u00e8s la p\u00e9riode de Zekl\u00e8, je me trouvais \u00e0 l\u2019\u00e9tranger et j\u2019avais un r\u00eave : faire un <em>djaz<\/em>avec trois ou quatre musiciens. J\u2019\u00e9tais amateur de rock, j\u2019aimais Jimmy Page de Lep Zeppelin.\u00a0 Je suivais aussi les carri\u00e8res de Albert Chancy et Emile Volel qui faisaient beaucoup de choses de leur c\u00f4t\u00e9. Puis j\u2019ai rencontr\u00e9 Robert Charlot, qui \u00e9tait un des plus grands programmeurs \u00e0 cette \u00e9poque. Un jour, Charlot m\u2019a appel\u00e9 pour aller le retrouver dans un magasin d\u2019instruments de musique et il m\u2019a montr\u00e9 un <em>keyboard<\/em>M-One avec un son de saxophone extraordinaire. On a jou\u00e9 ensemble des musiques de Shleu Shleu. Puis on a commenc\u00e9 \u00e0 travailler avec ce <em>keyboard<\/em>et on a aussi int\u00e9gr\u00e9 le <em>drum machine<\/em>. La technologie m\u2019a aid\u00e9 \u00e0 survivre : on ne pouvait plus fonctionner avec des groupes de 15 musiciens, cela donnait trop de probl\u00e8mes. A 3, c\u2019\u00e9tait plus facile et plus rentable.<\/p>\n<p>Zin est apparu plus ou moins \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque. Tous les autres groupes ont d\u00e9riv\u00e9 de Top Vice : Michel Martelly, Konpa Kreyol qui nous ont surpass\u00e9s par la suite.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait une belle \u00e9poque.<\/p>\n<div id=\"attachment_1276\" style=\"width: 960px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-1276\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-1276 size-full\" src=\"http:\/\/ayitimizik.net\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/table-ronde-konpa-Abellard.jpg\" alt=\"\" width=\"950\" height=\"534\" srcset=\"http:\/\/ayitimizik.net\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/table-ronde-konpa-Abellard.jpg 950w, http:\/\/ayitimizik.net\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/table-ronde-konpa-Abellard-753x423.jpg 753w, http:\/\/ayitimizik.net\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/table-ronde-konpa-Abellard-768x432.jpg 768w, http:\/\/ayitimizik.net\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/table-ronde-konpa-Abellard-500x281.jpg 500w\" sizes=\"(max-width: 950px) 100vw, 950px\" \/><p id=\"caption-attachment-1276\" class=\"wp-caption-text\">Joseph \u00ab\u00a0TiJo\u00a0\u00bb Zenny, Alex Abellard et Robert Martino<\/p><\/div>\n<ul>\n<li><strong>Alex Abellard (Zin) : ann<\/strong><strong>\u00e9<\/strong><strong>es 90<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p>Nous avons eu la chance de profiter des exp\u00e9riences de Nemours Jean Baptiste, Robert Martino, Coupe Clou\u00e9, et m\u00eame Kassav. Nous avons m\u00e9lang\u00e9toutes ces influences, pour cr\u00e9er notre propre musique. Les gens nous ont critiqu\u00e9s en disant qu\u2019on ne faisait pas du konpa, m\u00eame si notre musique \u00e9tait plus facile d\u2019acc\u00e8s que celle de Zekl\u00e8.<\/p>\n<p>Zekl\u00e8nous a influenc\u00e9s aussi pour la qualit\u00e9du son. Mais nos m\u00e9lodies sont plus faciles et sur le plan rythmique, nous avons fait des exp\u00e9riences, en faisant marcher la basse comme le tambour. De Coupe Clou\u00e9, nous avons essay\u00e9de garder la simplicit\u00e9de la musique et l\u2019importance des paroles.<\/p>\n<p>A cette \u00e9poque, les jeunes \u00e9coutaient beaucoup Kassav. Nous, \u00e0New York, en sortant de City College, nous faisions de la musique pour notre plaisir, et c\u2019est\u00e0cette\u00e9poque que la technologie a commenc\u00e9\u00e0\u00e9voluer et qu\u2019est apparu aussi le rap kreyol avec Master Dji.<\/p>\n<p>Beaucoup de gens ont pens\u00e9au d\u00e9but que nous \u00e9tions antillais parce que notre musique ressemblait au zouk, mais j\u2019insiste : c\u2019\u00e9tait du konpa puisque c\u2019\u00e9tait ha\u00eftien.<\/p>\n<p>Sur ce point, je suis nationaliste: si c\u2019est ha\u00eftien, quelle que soit la forme, c\u2019est du konpa. Le zouk et le kizomba, c\u2019est aussi du konpa.<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Joseph <\/strong><strong>\u00ab\u00a0<\/strong><strong>Ti Jo<\/strong><strong>\u00bb<\/strong><strong>Zenny (Konpa Kreyok \/ Kreyol la)<\/strong><strong>\u00a0<\/strong><strong>: le konpa actuel<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p>J\u2019ai fait mon \u00e9ducation musicale dans les ann\u00e9es 86-90, avec Top Vice, Skandal, Sakaj, Fasad, Sweet Micky et tant d\u2019autres. Il y avait une forme de conflit entre le konpa \u00ab\u00a0hardcore\u00a0\u00bb, pur et dur, et le konpa nouvelle g\u00e9n\u00e9ration. Nous sommes arriv\u00e9s en m\u00eame temps que Djakout la Familia, et le konpa \u00ab\u00a0hardcore\u00a0\u00bba repris le dessus.<\/p>\n<p>Joubert Charles contr\u00f4lait la production discographique et le live avec les tourn\u00e9es. C\u2019est alors que nous avons fait des mariages entre hardcore et nouvelle g\u00e9n\u00e9ration, avec des soir\u00e9es Konpa Kreyol \/ Djakout, Konpa Kreyol \/ Zin, etc.<\/p>\n<p>Tout le monde voyait la diff\u00e9rence : le hardocre a pris le dessus et la nouvelle g\u00e9n\u00e9ration a \u00e9limin\u00e9le <em>drum machine <\/em>et rajout\u00e9les musiciens du \u00ab\u00a0bann dey\u00e8\u00a0\u00bb(batterie, percussion, etc.)<\/p>\n<p>Carimi a ajout\u00e9aussi ces musiciens. Nous sommes tous retourn\u00e9s au format des mini-djaz.<\/p>\n<p>Maintenant, nous avons une belle g\u00e9n\u00e9ration de konpa avec de grands musiciens : Arly Larivi\u00e8re, Richie, Richard Cave m\u00eame si sa vision est diff\u00e9rente; de grands batteurs aussi. C\u2019est seulement les cuivres que nous avons perdus. Il n\u2019y a plus de musiciens form\u00e9s pour les cuivres. Ils ont disparu avec le <em>keyboard<\/em>et tous ses sons sophistiqu\u00e9s. Dans le monde \u00e9vang\u00e9lique, o\u00f9se forment la plupart des musiciens, ils apprennent \u00e0jouer guitare, basse, batterie, mais pas les cuivres.<\/p>\n<p>Notre g\u00e9n\u00e9ration marque un retour en force du konpa dir\u00e8k, un retour vers la source, vers les sch\u00e9mas musicaux ant\u00e9rieurs.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><strong>Albert Chancy (suite)<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p>Sur le march\u00e9, il y a de nouveaux instruments qui ont diff\u00e9rents rythmes int\u00e9gr\u00e9s, mais on ne trouve jamais le konpa. Il faut enregistrer le konpa dans une instance internationale, \u00e0l\u2019UNESCO par exemple.<\/p>\n<p><strong><u>TABLES THEMATIQUES<\/u><\/strong><\/p>\n<p><strong>1 \/ L<\/strong><strong>\u2019\u00e9<\/strong><strong>conomie du <\/strong><strong><em>konpa<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><u>Participants <\/u><\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Frantz Duval (Le Nouvelliste \/ Magik 9)<\/li>\n<li>Kesner Pharel (Groupe Croissance)<\/li>\n<li>Eddy Renaud (Sonomix)<\/li>\n<li>Akinson Belizaire \u00ab\u00a0Zagalo\u00bb(Zigizag)<\/li>\n<li>Kesler Bien-aim\u00e9(commission nationale UNESCO)<\/li>\n<li>Carel P\u00e8dre (animateur)<\/li>\n<li>Daniel Proph\u00e8te (Ayiti Mizik)<\/li>\n<li>Serge Rosenthal (Shleu Shleu)<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Quels sont les points forts de l<\/strong><strong>\u2019\u00e9<\/strong><strong>conomie du konpa ?<\/strong><\/p>\n<p>Le konpa est un genre auquel la population ha\u00eftienne pr\u00eate un amour continu depuis soixante ans d\u2019existence, ce qui constitue un atout majeur. D\u2019autre part, le march\u00e9national est relativement \u00e9tendu (tourn\u00e9es dans les provinces); il est relay\u00e9par le march\u00e9constitu\u00e9par la diaspora et les Antilles fran\u00e7aises qui sont des clients fid\u00e8les.<\/p>\n<p><strong>Quelles sont les points faibles<\/strong><strong>de l<\/strong><strong>\u2019\u00e9<\/strong><strong>conomie du konpa ?<\/strong><\/p>\n<p>Les points faibles de l\u2019\u00e9conomie du konpa semblent \u00e0premi\u00e8re vue plus nombreux que ses points forts.<\/p>\n<p>En effet, il faut d\u2019abord compter avec l\u2019insolvabilit\u00e9du public. Le march\u00e9r\u00e9el des loisirs est extr\u00eament r\u00e9duit en raison du niveau de vie de la population. En comparaison, les co\u00fbts de production sont tr\u00e8s\u00e9lev\u00e9s: la location de salle, technique, la promotion et les cachets sont chers et ces co\u00fbts sont incompressibles.<\/p>\n<p>La cha\u00eene de valeur est \u00e9galement faible.<\/p>\n<p>La production est d\u00e9faillante en termes quantitatifs et qualitatifs.<\/p>\n<p>L\u2019absence de droits d\u2019auteur n\u2019est pas incitatif pour les cr\u00e9ateurs.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9son amour pour le genre, le public qui peut consommer se montre de moins en moins int\u00e9ress\u00e9par le konpa.<\/p>\n<p><strong>Que peut-on faire pour am<\/strong><strong>\u00e9<\/strong><strong>liorer l<\/strong><strong>\u2019\u00e9<\/strong><strong>conomie du konpa ?<\/strong><\/p>\n<p>Il faudrait r\u00e9duire les co\u00fbts de production des CD et renforcer les structures de distribution; augmenter la qualit\u00e9et la quantit\u00e9des productions. Un syst\u00e8me efficace de droits d\u2019auteur permettrait de rentabiliser le konpa en encourageant les auteurs et compositeurs. Il faut recr\u00e9er \u00e9galement la proximit\u00e9avec le public en allant vers lui.<\/p>\n<p>Musicalement, un retour \u00e0la source s\u2019impose que ce soit dans les musiques vodou et dans les compositions anciennes, pour am\u00e9liorer la qualit\u00e9de la cr\u00e9ation. Le challenge entre les groupes permet enfin de nourrir une dynamique concurrentielle.<\/p>\n<p><strong>2 \/ La production artistique<\/strong><\/p>\n<p><strong><u>Participants<\/u><\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Dadou Pasquet (Magnum Band)<\/li>\n<li>David Dupoux (Konpa Kreyol \/ Nou Krezi)<\/li>\n<li>Joseph\u00ab\u00a0Ti Djo\u00bbZenny (Konpa Kreyol \/ Kreyol la)<\/li>\n<li>Bobby Denis (Audiotek)<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Comment peut-on d<\/strong><strong>\u00e9<\/strong><strong>crire le konpa (toutes g<\/strong><strong>\u00e9<\/strong><strong>n<\/strong><strong>\u00e9<\/strong><strong>rations confondues) ?<\/strong><\/p>\n<p>Le konpa est un rythme caract\u00e9ris\u00e9par l\u2019alliance du tambour, du floor tom, plus la cloche (dont l\u2019ensemble est appel\u00e9<em>gong<\/em>) et des cymbales (kata).<\/p>\n<p>A partir de ce rythme, on peut faire diff\u00e9rents arrangements.<\/p>\n<p>De son c\u00f4t\u00e9, la ligne vents qui existait au d\u00e9part a \u00e9t\u00e9supprim\u00e9e. Les fanfares des lyc\u00e9es o\u00f9se formaient les musiciens ont disparu. Les musiciens comp\u00e9tents sont devenus en plus en plus rares. De plus la ligne des vents s\u2019est av\u00e9r\u00e9e trop co\u00fbteuse pour les groupes, en comparaison du <em>keyboard<\/em>qui pouvait la remplacer.<\/p>\n<p><strong>Quelles sont les tendances actuelles du konpa<\/strong><strong>?<\/strong><\/p>\n<p>Le konpa actuel estun m\u00e9lange deKonpa love, konpa <em>gouyad<\/em>o\u00f9la part du konpa dir\u00e8k est r\u00e9duite.<\/p>\n<p><strong>Que peut-on faire pour am<\/strong><strong>\u00e9<\/strong><strong>liorer la qualit<\/strong><strong>\u00e9<\/strong><strong>de la production artistique ?<\/strong><\/p>\n<p>Nous souhaiterions qu\u2019il y ait une bonne communication entre les g\u00e9n\u00e9rations, de sorte que la transmission des connaissances puisse se faire. La formation est la cl\u00e9. Il faudrait encourager et former une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de musiciens par le biais d&rsquo;ateliers de formation (en l\u2019absence d\u2019\u00e9cole o\u00f9l\u2019on enseigne le konpa) et de p\u00e9pini\u00e8res de groupes, et mettre fin aux \u00e9ternelles pol\u00e9miques (entre les groupes et entre les g\u00e9n\u00e9rations) en stimulant la comp\u00e9tition sur le plan musical.<\/p>\n<p>Il faudrait influencer les Minist\u00e8res comp\u00e9tents pour que les cours de musique de base soient dispens\u00e9s dans toutes les \u00e9coles du pays, sur le konpa dir\u00e8k.<\/p>\n<p>Pour la qualit\u00e9de la production, l\u2019\u00e9ducation des musiciens est aussi importante que la structuration du march\u00e9pour qu\u2019ils puissent s\u2019ins\u00e9rer dans une \u00e9conomie incitative.<\/p>\n<p>Les changements qui sont en train de survenir dans le public (qui ne danse plus) sont peut-\u00eatre le signe d\u2019une demande de nouveaut\u00e9.<\/p>\n<p><strong>3 \/ Droits d<\/strong><strong>\u2019<\/strong><strong>auteurs<\/strong><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><u>Participants <\/u><\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Robert Martino<\/li>\n<li>Emmelie Proph\u00e8te (BHDA)<\/li>\n<li>Milena Sandler (FHJ \/ Ayiti Mizik)<\/li>\n<li>Digo Mevs<\/li>\n<li>Joe Mignon<\/li>\n<li>Henry C\u00e9lestin (Difficiles)<\/li>\n<li>3 jeunes auteurs-compositeurs<\/li>\n<li>1\u00e9tudiant en droit<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1281\" src=\"http:\/\/ayitimizik.net\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/table-ronde-konpa-DroitsAuteur.jpg\" alt=\"\" width=\"950\" height=\"534\" srcset=\"http:\/\/ayitimizik.net\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/table-ronde-konpa-DroitsAuteur.jpg 950w, http:\/\/ayitimizik.net\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/table-ronde-konpa-DroitsAuteur-753x423.jpg 753w, http:\/\/ayitimizik.net\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/table-ronde-konpa-DroitsAuteur-768x432.jpg 768w, http:\/\/ayitimizik.net\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/table-ronde-konpa-DroitsAuteur-500x281.jpg 500w\" sizes=\"(max-width: 950px) 100vw, 950px\" \/>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Quelles ont <\/strong><strong>\u00e9<\/strong><strong>t<\/strong><strong>\u00e9<\/strong><strong>les avanc<\/strong><strong>\u00e9<\/strong><strong>es r<\/strong><strong>\u00e9<\/strong><strong>centes du Bureau Ha<\/strong><strong>\u00ef<\/strong><strong>tien du Droit d<\/strong><strong>\u2019<\/strong><strong>Auteur (BHDA) en mati<\/strong><strong>\u00e8<\/strong><strong>re de droit d<\/strong><strong>\u2019<\/strong><strong>auteur<\/strong><strong>\u00a0<\/strong><strong>?<\/strong><\/p>\n<p>Le BHDA a fait r\u00e9cemment un travail de vulgarisation et de sensibilisation sur la notion de droit d\u2019auteur, \u00e0 travers la publicit\u00e9 abondamment diffus\u00e9e dans les media (m\u00eame si cette publicit\u00e9 \u00e9tait inexacte puisqu\u2019elle annon\u00e7ait aux cr\u00e9ateurs qu\u2019ils pouvaient \u00ab\u00a0gagner de l\u2019argent de leurs \u0153uvres\u00a0\u00bben s\u2019inscrivant au BHDA, alors qu\u2019aucun syst\u00e8me n\u2019est jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent mis en place). Le BHDA n\u2019a plus maintenant les ressources financi\u00e8res n\u00e9cessaires pour continuer cette campagne qui lui a permis d\u2019enregistrer de nombreuses inscriptions.<\/p>\n<p>Le BHDA a \u00e9galement r\u00e9alis\u00e9 des op\u00e9rations lutte contre le plagiat\u00a0: il a demand\u00e9 \u00e0la compagnie\u00a0 de danse Jo\u00ebl Donatien de retirer de sa publicit\u00e9 le visuel du film Titanic pour lequel il n\u2019avait pas obtenu l\u2019autorisation de reproduction; il a fait de m\u00eame pour le spectacle Kirikou de la compagnie de danse Jean-Ren\u00e9 Delsoin (qui semble avoir par la suite obtenu l\u2019autorisation n\u00e9cessaire).<\/p>\n<p>D\u2019autre part, un d\u00e9cret sur la copie priv\u00e9e vient d\u2019\u00eatre sign\u00e9, apr\u00e8s 18 mois de d\u00e9marche. Les sommes collect\u00e9es par ce m\u00e9canisme seront r\u00e9parties comme suit, d\u2019apr\u00e8s l\u2019article 45 du d\u00e9cret sur les droits d\u2019auteurs:<\/p>\n<p>&#8211; 25% aux auteurs\/compositeurs<\/p>\n<p>&#8211; 25% aux producteurs<\/p>\n<p>&#8211; 25% aux interpr\u00e8tes<\/p>\n<p>&#8211; 25% au BHDA<\/p>\n<p>Le BHDA a aussi annonc\u00e9 que des droits allaient sous peu \u00eatre collect\u00e9s aupr\u00e8s de la Radio T\u00e9l\u00e9vision Nationale (RTNH), comme cela devrait \u00eatre pour tous les diffuseurs priv\u00e9s selon le m\u00eame article; la r\u00e9partition devrait se faire comme suit\u00a0:<\/p>\n<p>50% pour le producteur<\/p>\n<p>50% pour les artistes interpr\u00e8tes ou ex\u00e9cutants<\/p>\n<p>Milena Sandler, vice-pr\u00e9sidente de Ayiti Mizik, a fait remarquer qu\u2019il n\u2019y avait pas actuellement de syst\u00e8me de r\u00e9partition mis en place et que les sommes collect\u00e9es risquaient dans ce cas de dispara\u00eetre. Le BHDA pr\u00e9cise qu\u2019un accord pourrait \u00eatre sign\u00e9 avec la SACEM (Soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise de gestion collective des droits d\u2019auteurs, compositeurs et \u00e9diteurs de musique) pour que celle-ci g\u00e8re temporairement le monitoring et la redistribution des droits collect\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Comment peut-on <\/strong><strong>\u00e9<\/strong><strong>valuer le manque<\/strong><strong>\u00e0 <\/strong><strong>gagner des auteurs en l<\/strong><strong>\u2019<\/strong><strong>absence de <\/strong><strong>syst<\/strong><strong>\u00e8<\/strong><strong>me de collection et de reversement de droits<\/strong><strong>\u00a0<\/strong><strong>?<\/strong><\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir rappel\u00e9 qu\u2019Ha\u00efti est membre fondateur de l\u2019OMPI (Organisation Mondiale de la Propri\u00e9t\u00e9 Intellectuelle), Henri C\u00e9lestin, qui a particip\u00e9 \u00e0 la cr\u00e9ation de l\u2019ANACIM (association nationale des auteurs, compositeurs et interpr\u00e8tes de musique), dans les ann\u00e9es 80, a rapport\u00e9 qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9poque, le manque \u00e0 gagner en droits d\u2019auteur avait \u00e9t\u00e9 \u00e9valu\u00e9 \u00e03 millions de dollars annuels.<\/p>\n<p>De son c\u00f4t\u00e9, Milena Sandler, vice-pr\u00e9sidente de Ayiti Mizik, a annonc\u00e9 que l\u2019association esp\u00e9rait obtenir de l\u2019UNESCO, \u00e0 travers le Fonds International pour la Diversit\u00e9 Culturelle, le financement d\u2019une premi\u00e8re \u00e9tude sur le secteur de la musique. La directrice du BHDA a signifi\u00e9 qu\u2019elle aimerait participer au montage financier de cette \u00e9tude puisque le BHDA a besoin des chiffres qui en r\u00e9sulteront.<\/p>\n<p><strong>Une soci<\/strong><strong>\u00e9<\/strong><strong>t<\/strong><strong>\u00e9 <\/strong><strong>priv<\/strong><strong>\u00e9<\/strong><strong>e de gestion collective<\/strong><strong>\u00a0<\/strong><strong>ne pourrait-elle pas coexister avec le BHDA en Ha<\/strong><strong>\u00ef<\/strong><strong>ti?<\/strong><\/p>\n<p>Le BHDA est oblig\u00e9d\u2019\u0153uvrer dans le cadre du d\u00e9cret-loi de 2005 dont Ayiti Mizik conteste le bien-fond\u00e9. De plus, d\u2019apr\u00e8s le d\u00e9cret de cr\u00e9ation (article 4), le BHDA est l\u2019unique organisme charg\u00e9 de percevoir et r\u00e9partir les droits sur la propri\u00e9t\u00e9 litt\u00e9raire et artistique sur toute l\u2019\u00e9tendue du territoire. Plusieurs rencontres ont d\u00e9j\u00e0 eu lieu depuis 2013 entre les deux institutions, sans r\u00e9sultat \u00e0 ce jour. La directrice du BHDA propose dans l\u2019imm\u00e9diat d\u2019amender le d\u00e9cret et non de l\u2019abroger, \u00e9tant donn\u00e9 la difficult\u00e9 \u00e0 r\u00e9diger et faire voter une loi dans ce domaine en l\u2019absence d\u2019int\u00e9r\u00eat des politiques pour la question.<\/p>\n<p>Le BHDA et Ayiti Mizik ont convenu d\u2019une nouvelle rencontre pour discuter des points des deux d\u00e9crets\u00e0 modifier.<\/p>\n<p><strong>4 \/ La promotion et diffusion du <\/strong><strong><em>konpa<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>Participants<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Fred Lizaire (Plateforme Magique \/ Magik 9)<\/li>\n<li>Joe Damas (M\u00e9tro Tempo \/ Radio M\u00e9tropole)<\/li>\n<li>Ti Lion Guillaume (Plateforme Magique \/ Magik 9)<\/li>\n<li>Guy Wewe (Radio Vision 2000)<\/li>\n<li>Philippe Saint-Louis (Mardi Alternatif\/Radio Solidarit\u00e9).<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Quel est l<\/strong><strong>\u2019\u00e9<\/strong><strong>tat des lieux actuels de la promotion \/ diffusion du konpa ?<\/strong><\/p>\n<p>De mani\u00e8re g\u00e9nrale, il y a un probl\u00e8me de qualit\u00e9des productions qui sont diffus\u00e9es \u00e0la radio.<\/p>\n<p>D\u2019autre part, le m\u00e9tier d\u2019animateur n\u2019est pas valoris\u00e9. Il n\u2019existe pas l\u00e9galement. Dans la pratique, les\u00a0animateurs sont tr\u00e8s mal r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s. C\u2019est \u00e0eux de chercher leur r\u00e9mun\u00e9ration (\u00e0travers les sponsors), alors qu\u2019ils\u00a0assurent un service \u00e0la radio. Cette situation engendre de nombreux probl\u00e8mes \u00e9thiques et\u00a0financiers sans compter la question de la formation des animateurs.<\/p>\n<p>En r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, il est normal qu\u2019une partie de la diffusion soit payante (quand il s\u2019agit de\u00a0promotion) tandis que la diffusion dans le cadre de la programmation ordinaire doit rester\u00a0gratuite. Une structure devrait \u00eatre mise en place pour imposer cette diff\u00e9rence.<\/p>\n<p>Pour ce qui a trait aux musiciens directement, ceux-ci doivent comprendre l&rsquo;importance d&rsquo;aller vers la presse de mani\u00e8re plus syst\u00e9matique, par le biais d&rsquo;un\u00a0membre du staff management, promoteur ou autre, de fa\u00e7on \u00e0faire conna\u00eetre leurs produits.<\/p>\n<p>D\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, les autres acteurs de diffusion et de promotion de la musique live ou enregistr\u00e9e (tourneurs, transports publics, vendeurs de rue, boutiques, bar\/restaurants,\u00a0barber shops, etc.)travaillent aussi de mani\u00e8re informelle et contribuent au probl\u00e8me du secteur. La relation entre eux, les m\u00e9dias, les musiciens et les producteurs,\u00a0est sans accord ou r\u00e8gle identifiable.<\/p>\n<p>Les producteurs de live sont soumis \u00e0des taxes de la DGI qui s\u2019av\u00e8rent arbitraires dans leur imposition.<\/p>\n<p>Sur un autre plan, le non respect des horaires pr\u00e9sent\u00e9s dans la promotion des soir\u00e9es, le mauvais accueil r\u00e9serv\u00e9\u00e0la presse, alimentent les commentaires\u00a0n\u00e9gatifs qui sont nourrissent \u00e0leur tour rancunes et frustrations.<\/p>\n<p>Aucun Prix concernant la meilleure production, ou la plus forte rotation radio\/t\u00e9l\u00e9, ou la plus forte \u00e9coute, le meilleur animateur, etc. n\u2019existe pour\u00a0r\u00e9compenser les professionnels, musiciens, producteurs, promoteurs ou animateurs. De telles initiatives devraient contribuer \u00e0am\u00e9liorer la diffusion. Il existe d\u00e9j\u00e0une organisation poss\u00e9dant un syst\u00e8me de monitoring qui identifie les musiques en rotation \u00e0la radio, gr\u00e2ce auquel on peut \u00e9tablir la liste des morceaux les plus diffus\u00e9s. On peut faire appel \u00e0ses services.<\/p>\n<p><strong>Quel code de bonne conduite mettre en place (si n<\/strong><strong>\u00e9<\/strong><strong>cessaire) pour la promotion \/ diffusion du konpa ?<\/strong><\/p>\n<p>Parmi les bonnes pratiques, il faut veiller au respect des horaires, du public, des m\u00e9dia : le\u00a0respect mutuel entre les acteurs est de mise.<\/p>\n<p>Il faut aussi \u00e9tablir de nouvelles r\u00e8gles pour la m\u00e9diation entre les diff\u00e9rents acteurs.<\/p>\n<p><strong>5\/ Le konpa <\/strong><strong>\u00e0 <\/strong><strong>l<\/strong><strong>\u2019<\/strong><strong>international <\/strong><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong><u>Participants <\/u><\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Alex Abellard<\/li>\n<li>Aly Acacia<\/li>\n<li>Pierre Boncy<\/li>\n<li>Victorin Chancy<\/li>\n<li>G\u00e9rald Kebreau<\/li>\n<li>Carel P\u00e8dre<\/li>\n<li>Fabrice Rouzier<\/li>\n<li>Jo\u00ebl Widmaier<\/li>\n<li>membres Ayiti Mizik<\/li>\n<\/ul>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1284\" src=\"http:\/\/ayitimizik.net\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/table-ronde-konpa-International.jpg\" alt=\"\" width=\"950\" height=\"534\" srcset=\"http:\/\/ayitimizik.net\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/table-ronde-konpa-International.jpg 950w, http:\/\/ayitimizik.net\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/table-ronde-konpa-International-753x423.jpg 753w, http:\/\/ayitimizik.net\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/table-ronde-konpa-International-768x432.jpg 768w, http:\/\/ayitimizik.net\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/table-ronde-konpa-International-500x281.jpg 500w\" sizes=\"(max-width: 950px) 100vw, 950px\" \/><\/p>\n<p><strong>Quels sont les march<\/strong><strong>\u00e9<\/strong><strong>s actuels du konpa ?<\/strong><\/p>\n<p>Les march\u00e9s actuels du konpa sont constitu\u00e9s par :<\/p>\n<ul>\n<li>la diaspora ha\u00eftienne (principalement en Am\u00e9rique du Nord &#8211; Etats-Unis et Canada)<\/li>\n<li>les d\u00e9partements fran\u00e7ais d\u2019Am\u00e9rique (Guadeloupe, Guyane Martinique) et la Dominique<\/li>\n<li>de mani\u00e8re beaucoup plus r\u00e9duite : l\u2019Europe (France, Belgique, Suisse), l\u2019Afrique et la Cara\u00efbe continentale (Panama, Colombie)<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ces march\u00e9s sont plus pour le live que pour la diffusion radiophonique.<\/p>\n<p><strong>Quelles sont les limites au d<\/strong><strong>\u00e9<\/strong><strong>veloppement international du konpa ?<\/strong><\/p>\n<p>Parmi les limites au d\u00e9veloppement international du konpa, on peut compter:<\/p>\n<ul>\n<li>la langue: le public cr\u00e9olophone est r\u00e9duit; les groupes actuels ont tendance \u00e0produire dans trois langues (cr\u00e9ole, fran\u00e7ais, anglais) parce que leur public est devenu multilingue plut\u00f4t que pour d\u00e9marcher de nouveaux publics;<\/li>\n<li>le format des morceaux (souvent tr\u00e8s long) et leur structure m\u00eame qui tend \u00e0la r\u00e9p\u00e9tition;<\/li>\n<li>la difficult\u00e9\u00e0entrer dans les cat\u00e9gories de vente: le konpa doit-il \u00eatre class\u00e9dans les \u00ab\u00a0musiques du monde\u00bbou bien les \u00ab\u00a0musiques carib\u00e9ennes\u00a0\u00bb? Le reggae existe internationalement, mais ce n\u2019est pas le cas du konpa qui n\u2019a pas r\u00e9ussi \u00e0s\u2019imposer comme cat\u00e9gorie \u00e0part enti\u00e8re;<\/li>\n<li>la qualit\u00e9des productions qui n\u2019incite pas \u00e0l\u2019investissement de la part des producteurs.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Quelle strat<\/strong><strong>\u00e9<\/strong><strong>gie mettre en place pour l<\/strong><strong>\u2019<\/strong><strong>augmenter ?<\/strong><\/p>\n<p>Dans un premier temps, il faudrait d\u00e9finir musicalement le konpa, le concevoir davantage comme un rythme pour pouvoir le faire \u00e9voluer librement sans avoir peur d\u2019innover.<\/p>\n<p>Pour la cr\u00e9ation m\u00eame, il faut suivre les standards internationaux et r\u00e9duire le temps des musiques (quitte \u00e0conserver une version plus longue pour la consommation locale), tout en prospectant sur le march\u00e9internationalpour conna\u00eetre les tendances actuelles.<\/p>\n<p>Il nous faut \u00e9galement former les artistes pour am\u00e9liorer la qualit\u00e9de leurs cr\u00e9ationset d\u2019une mani\u00e8re plus g\u00e9n\u00e9rale, investir dans la formation des professionnels et dans la cr\u00e9ation. On peut r\u00e9unir par exemple une \u00e9quipe de producteurs pour \u00e9laborer un nouveau son.<\/p>\n<p>Pour accro\u00eetre l\u2019attractivit\u00e9, il faut inviter des stars internationales pour faire des featurings et associer le konpa \u00e0une nouvelle danse ou styliser davantage la danse konpa.<\/p>\n<p>Mais ilest important aussi de promouvoir le konpa localement en organisant un festival.<\/p>\n<p>Pour l\u2019international, il faut concevoir une strat\u00e9gie alliant live et diffusion radio, inviter des journalistes internationaux dans les \u00e9v\u00e9nements musicaux ha\u00eftiens<\/p>\n<p>Il est important aussi que les cr\u00e9ations soient enregistr\u00e9es dans des soci\u00e9t\u00e9s de droits d\u2019auteur pour que leur circulation soit prot\u00e9g\u00e9e au niveau international.<\/p>\n<p><strong><u>CONCLUSION<\/u><\/strong><\/p>\n<p>Intervenants et participants se sont accord\u00e9s \u00e0reconna\u00eetre l\u2019importance et l\u2019originalit\u00e9du rythme cr\u00e9\u00e9par Nemours Jean Baptiste il y a soixante ans: le konpa s\u2019est impos\u00e9jusqu\u2019\u00e0pr\u00e9sent comme la musique de danse urbaine en Ha\u00efti.<\/p>\n<p>Ils ont constat\u00e9l\u2019amour que le public ha\u00eftien porte \u00e0ce genre musical depuis sa cr\u00e9ation mais ils ont \u00e9galement not\u00e9que les changements actuels de soci\u00e9t\u00e9tendent \u00e0\u00e9loigner les nouvelles g\u00e9n\u00e9rations du konpa, alors que les conditions \u00e9conomiques se font chaque fois plus difficiles.<\/p>\n<p>Le konpa semble ainsi arriver \u00e0une \u00e9tape cruciale de son existence o\u00f9il lui faut \u00e0la fois se renouveler artistiquement pour convaincre un nouveau public, aux go\u00fbts plus globalis\u00e9s qu\u2019autrefois, et b\u00e2tir une nouvelle formule \u00e9conomique, plus rationalis\u00e9e, pour assurer sa survie et son d\u00e9veloppement dans son march\u00e9naturel (Ha\u00efti, diaspora ha\u00eftienne et Antilles fran\u00e7aises), voire au-del\u00e0).<\/p>\n<p>Un certain nombre de recommandations exprim\u00e9es concernent l\u2019environnement \u00e9conomique tandis que d\u2019autres s\u2019adressent directement \u00e0l\u2019Etat comme la mise en place d\u2019un syst\u00e8me de quota radiophonique ou celle d\u2019une soci\u00e9t\u00e9de gestion des droits d\u2019auteur.<\/p>\n<p>Toutefois, un nombre important de r\u00e9solutions peuvent \u00eatre port\u00e9es directement par les acteurs du secteur ou l\u2019association des professionnels de la musique, Ayiti Mizik, qui est \u00e0l\u2019initiative de cette table-ronde:<\/p>\n<ul>\n<li>assurer la promotion du konpa localement en organisant un festival d\u00e9di\u00e9<\/li>\n<li>formaliser les recherches sur le konpa afin de transmettre ces informations aux jeunes g\u00e9n\u00e9rations<\/li>\n<li>am\u00e9liorer la formation des musiciens en organisant des ateliers r\u00e9guliers et des p\u00e9pini\u00e8res de groupes<\/li>\n<li>am\u00e9liorer la qualit\u00e9des productions en investissant dans la cr\u00e9ation et l\u2019innovation<\/li>\n<li>encourager les regroupements de professionnels pour faire valoir leurs droits<\/li>\n<li>s\u2019ouvrir\u00e0l\u2019international en prospectant de nouveaux march\u00e9s, en construisant des alliances artistiques et strat\u00e9<\/li>\n<li>Enregistrer le rythme du konpa dans une instance ad\u00e9quate<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>60 ANS DU KONPA\u00a0: BILAN ET PERSPECTIVES TABLE RONDE SAMEDI 11 JUILLET 2015 \u2013 LE VILLATE RAPPORT \u00a0 Introduction par Carel P\u00e8dre, ma\u00eetre de c\u00e9r\u00e9monie Mot de circonstance de Eddy Renaud, pr\u00e9sident de l\u2019association Ayiti Mizik En tant que pr\u00e9sident &hellip; <a href=\"http:\/\/ayitimizik.net\/index.php\/2015\/11\/11\/table-ronde-60-ans-du-konpa-bilan-et-perspectives\/\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[14,13,10],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/ayitimizik.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1127"}],"collection":[{"href":"http:\/\/ayitimizik.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/ayitimizik.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ayitimizik.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ayitimizik.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1127"}],"version-history":[{"count":9,"href":"http:\/\/ayitimizik.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1127\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1292,"href":"http:\/\/ayitimizik.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1127\/revisions\/1292"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/ayitimizik.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1127"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/ayitimizik.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1127"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/ayitimizik.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1127"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}